Travailler au noir, au black, faire une brocante, dépanner un copain… De nombreux lensois travaillent en dehors du circuit légal. Cela fait partie de la débrouille et montre le pourrissement de tout un système.

Une personne sur trois déclare avoir déjà travaillé au noir en France. Dans le bassin minier, avec un fort taux de chômage et un emploi ouvrier de plus en plus précaire, on doit atteindre être bien au dessus. Impossible de savoir faute de chiffres officiels.

La personne travaillant au noir peut-être fière d’elle. Face aux difficultés économiques, elle ne renonce pas, elle met son savoir-faire, sa technique, son énergie au service de la production. Il y a les « petits boulots », le baby-sitting ou le ménage chez le petit-bourgeois du coin, mais pas seulement. Presque tout ce qui se fait à la main peut se faire « au black ».

Au fond, il y a là un énorme gâchis. A Lens il y a des gens courageux. Des gens qui savent travailler mais sont privés du travail noble : la production à travers des procédés complexes, des machines précises, en travaillant en équipe.

Le système économique nous tire vers le bas.

Les ouvriers sont prêts à produire, mais la partie de la société qui détient les capitaux, c’est-à-dire la bourgeoisie, n’a pas intérêt à implanter des outils de productions ici.

Alors on est là, coincé. On a des ouvriers et des ouvrières contraints aux petits boulots payés sous le manteau, parce que la bourgeoisie est incapable de faire tourner des usines. Pourtant, elle a tout la bourgeoisie : la culture, l’argent et le pouvoir politique.

Pour combien de temps va-t-on rester au noir ?