Mona Lisa ne viendra pas à Lens. Le Ministre de la Culture l’a annoncé officiellement vendredi. On évoque la fragilité de l’œuvre, mais la véritable raison est politique.

Les supporters du Racing (#coucoulamarek) en avait fait un tifo, le Maire Sylvain Robert en pimentait ses discours : « Si seulement La Joconde venait à Lens… »

Franck Riester, Ministre de la Culture, met en avant la sécurité pour couper court à toute spéculation : la Joconde reste à Paris. L’œuvre est ancienne, elle est surtout fragile. Parce qu’elle est peinte sur panneau de bois, il n’est pas facile d’en restaurer le support comme on le ferait pour une peinture sur toile, même de la même époque. On risque d’en faire des copeaux, littéralement.
Et, même si elle est placée dans un caisson étanche couplé à un appareillage permettant de gérer la température, la pression, le taux d’humidité, les secousses et bien sur, les chocs, la matière qui compose la peinture se dégrade de manière continue au fil du temps.
Pour toutes ces raisons, le ministère de la Culture, assurant la tutelle du Musée du Louvre, réfute toute possibilité de prêt.

Le Louvre-Lens, dont l’architecture tient plus du hangar de logistique ou de la plateforme amazon que du palais Renaissance, ne verra pas sa collection enrichie de l’œuvre d’art la plus visitée au Monde !

La Joconde est un attribut du prestige internationale de la France, de son fameux « rayonnement culturel« , quand bien même son auteur, De Vinci, était « Italien« . La Joconde est associée au pouvoir politique de la France. Elle est entrée dans notre patrimoine culturel par la volonté de François 1er. C’est précisément sous son règne qu’ ont été jetées les bases de la France comme Nation moderne, en imposant une langue commune, en concentrant le pouvoir politique, et en s’appuyant sur la bourgeoisie.

La Joconde, pour la classe bourgeoise, c’est un authentique symbole de son triomphe historique. Cet âge d’or, qui parait bien terni alors que le capitalisme craque de tout côté, la bourgeoisie continue de le revendiquer.
En maintenant ce souffle historique, la bourgeoisie espère pouvoir garantir sa place de classe dominante. L’enjeu est ni plus ni moins que d’exercer le pouvoir politique sur toutes les composantes de la population nationale. Or, en France, cela suppose d’en occuper la capitale culturelle. La Joconde, c’est le Palais du Louvre, c’est Paris. La Joconde restera à Paris tant que que la bourgeoisie exercera le pouvoir politique et sa domination culturelle.