Fin janvier, à Dunkerque, lors des assises européennes de la transition énergétique, le nouveau réseau des bus TADAO a été récompensé pour sa qualité écologique. On ne peut qu’espérer que la réalisation pratique du projet permettre de répondre, à l’échelle du Bassin Minier, à l’urgence planétaire de faire face au réchauffement climatique.

A terme, 650 000 personnes sont concernées par ce nouveau réseau de transport en commun, le 6ème de France. Grâce aux Bulles, on devrait pouvoir se passer plus facilement de la voiture. Il y a là de quoi réduire les émissions de particules fines et de gaz à effet de serre qui rendent malades et participent au dérèglement climatique.

Les Bulles ne sont pas encore opérationnelles, mais on a pu voir les voies changer ces derniers mois, nouveaux aménagements, voies réservées aux bus, nouvelles stations, etc.C’est signe que, enfin, les lensois vont bientôt pouvoir profiter de transports en commun à hauteur de leurs besoins.

Ce qui a permis aux Bulles de remporter un prix, c’est l’utilisation de l’hydrogène. Une ligne, celle qui relie Auchel à Bruay va fonctionner 100 % à l’hydrogène. Une usine spéciale pour transformer le simple gaz en carburant a été installée à Houdain. C’est la première fois en France qu’on va faire tourner une ligne de bus uniquement avec des véhicules à l’hydrogène. Ce « nouveau » carburant est propre puisque les véhicules rejettent de l’eau.

Pour que cela fonctionne et que nous soyons à la hauteur de l’enjeu écologique, il faudrait que l’hydrogène soit étendu à toutes les lignes. Il faudrait aussi que les tarifs soient suffisamment bas pour que tous les habitants puissent accéder facilement au transport en commun. Pourquoi pas la gratuité, comme une partie de la Gauche du bassin minier le réclame ?

Mais, même dans ces conditions, ce ne sera pas suffisant pour provoquer la rupture avec les modes de vie polluants. Pour cela, il faudra que les habitants remettent en cause leur propre je-m’en-foutisme. C’est-à-dire qu’à l’opposé de la mentalité du gilet-jaune qui râle pour qu’on fasse les choses à sa place sans jamais se remettre en cause lui-même, il faudrait que les gens acceptent d’organiser leur vie et penser leurs trajets. Il faudrait se plier à des horaires collectifs et accepter de devoir faire quelques dizaines de mètres démarche chaque jour.

Pour cela, alors que depuis cinquante ans, les lensois ont été corrompus par la voiture et son mode de vie insouciant, le changement des mentalités devra précéder le changement des pratiques.