La ville de Lens et le Lion’s club ont installé des boîtes à livres. La lecture permet de se cultiver, c’est une chose très utile, si ce n’est essentielle. L’initiative mérite donc d’être saluée, tout en relevant cependant qu’elle pourrait aller plus loin.

Les boîtes à livres sont des objets libres d’accès, bien en évidence dans des lieux publics. N’importe qui peut ouvrir la porte transparente pour consulter, emprunter, ou déposer un livre. Voilà un formidable outil pour accéder au livre de manière libre et gratuite.

On y trouve de tout

Au Square Choquet, Tom-Tom & Nana côtoient Descartes, des romans noirs, des livres d’Histoire… C’est l’éclectisme le plus complet. On imagine le lecteur occasionnel, peu habitué des livres, décontenancé devant la boîte, laissé sans aucun accompagnement, sans conseil. Contrairement à l’usage en médiathèque, où le rangement et les conseils du personnel permettent au lecteur de s’y retrouver, ici les livres sont en vrac. Cela correspond bien à l’esprit libéral du temps. Un livre en vaut un autre, un lecteur en vaut un autre, l’important est le libre-service et la circulation des objets.

Le succès de l’opération est remarquable. La boîte à livres de la Grande Résidence, située près du centre social, est pratiquement vide. C’est dire si le besoin de livres est important dans le plus peuplé des quartiers de Lens. Les boîtes situées dans le Parc des Grands bureaux -côté faculté- et près de la gare routière sont dans le même état. On peut dire qu’inviter les gens à déposer des livres ne permet pas aux boîtes d’être remplies dans tous les quartiers.

Demander l’avis des habitants

A ce propos, on constate un déséquilibre entre les secteurs de Lens. Sur les quatre boîtes à livres installées, trois se situent en centre ville, c’est-à-dire dans un rayon de 500 mètres. Il serait vraiment bien que la cinquième boîte soit disposée dans une cité, pourquoi pas sur la très belle place du Quercy, ou alors à la cité 12 ? Et pourquoi ne pas demander aux habitants ce qui serait le plus pratique pour eux ? L’enjeu en vaut la peine, même si cela doit bousculer un peu les habitudes de ces messieurs du Lion’s Club…