Faurecia et Michelin investissent dans la technologie de l’hydrogène. L’annonce a été faite la semaine dernière, alors que se déroulaient les « grèves » pour le climat. Face à l’urgence écologique, la pression populaire n’est pas suffisante pour révolutionner les comportements. Les industriels envisagent sereinement leurs futurs profits, en préparent tranquillement leurs futures marchandises.

Les espaces naturels sont engloutis sous les parkings de centres commerciaux, les milieux de vie des espèces se font de plus en plus rares. Notre mode de vie provoque aussi un réchauffement global qui entraine des dérèglements climatiques aux conséquences effroyables. On parle de 6ème extinction de masse, d’écocide.

Les industriels, plus généralement la classe qui voue son existence à la course aux profits, devraient se faire du soucis. Leur position dominante est contestée. Curieusement, la société française reste bien calme. Au contraire même, ceux qui s’agitent sont des nostalgiques de la société de consommation.

Une volonté ferme de ne rien changer

Pendant ce temps, les industriels préparent la transition prétendument écologique. Il s’agit de moderniser leurs outils de production en injectant des capitaux, et de modifier les marchandises et nos modes de vie en fonction. La technologie de l’hydrogène avec sa pile à combustible, leur permet d’envisager un avenir durable pour le secteur de l’automobile en rendant la mutation financièrement soutenable.

Symbio, la filiale « hydrogène » commune de Michelin et Faurecia a pour objectif de détenir 25% du marché d’ici 2030. On parle de dizaines de millions de véhicules. Pour cela, il est nécessaire de concentrer les capitaux, pour mettre en commun les savoirs-faire technologiques. Symbio ne compte pour le moment que 200 salariés.

A Auchel et Hénin Beaumont, les unités de production de Faurecia verront peut-être les chaînes changer, pour produire les pièces des automobiles vertes. Des changements conséquents sont inévitables, on sait par exemple que la question des réservoirs est sensible. La pression est si forte que la technologie a été développée dans le cadre de l’industrie aérospatiale.

Tout roule…

On continuera donc à produire selon les mêmes règles, celles du marché. Les organisations syndicales envisagent froidement la transformation des entreprises d’équipement automobile, suivant l’idée que si l’entreprise vend, l’ouvrier produit et que tout le monde est content.

Chacun semble faire comme si rien ne changera vraiment, comme si en 2030 la Terre ne sera pas lugubre.

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