A la Ville de Limoges, Place Jean Jaurès, vient d’ouvrir dans une nouvelle forme. L’immeuble abrite maintement l’office de tourisme. La tendance se confirme : la relance économique du territoire se fait aussi au travers du tourisme. Sous couvert de culture, il semble bien cependant que ce soit une clientèle de luxe qui est visée. De quoi faire bouger les lignes.

Le nouvel office du tourisme

Le nouvel office de tourisme ouvre dans l’un des plus beaux immeubles de la Place Jaurès. A la Ville de Limoges, qui fut longtemps un commerce d’équipements du foyer, d’où la référence à la ville de la porcelaine, s’apprête à recevoir les touristes du monde entier venus en bassin miner.

Pensé par les architectes Drouot, Gravot et Lenclud, le bâtiment est probablement le plus emblématique de la reconstruction de Lens. On connaît surtout sa façade ornée de magnifiques décors de faïence aux motifs floraux et rythmée de fenêtres aux encadrements caractèristiques protégées de garde-corps de fer forgé. Grâce à la réouverture de l’immeuble, on découvra le sol couvert de carreaux de ciment très années 1920 et les détails Art-Déco glissés à l’intérieur.

Plus illustre que ses collègues, Auguste Drouot a signé de nombreux monuments dans la décennie 1920, usant de matériaux à la pointe de la technique pour l’époque, notamment le béton armé. On lui doit notamment le siège de l’agence de la compagnie générale d’électricité, à Dijon, en 1927. Bâtiment typique du mouvement Art Deco lui aussi, dans un style très épuré, une sorte de néo-classicisme de ciment. L’architecte a signé aussi des monuments aux morts de la première guerre mondiale, dans les années 1922-1926, dont le Monument de la Victoire et du Souvenir situé au rond-point Michelet, à Dijon. Cette fois le style est patriotique, fait de bas reliefs de pierre exaltant la Nation. Plus progressiste dans les valeurs, Drouot est à l’origine de fontaine bâtie en l’honneur du scientifique Henry Bazin, visible encore de nos jours Place Saint Michel à Dijon.

Un joyau architectural

A Lens donc, les trois architectes ont réalisé un immeuble de style, à la façade élégante et aux intérieurs lumineux faits de volumes amples. Il s’agit d’un trésor du patrimoine bâti de notre pays dans son expression locale, puisque nait de la reconstruction du bassin minier. Tous les lensois auront la chance de pourvoir se rendre dans le bâtiment et d’en profiter, puisqu’il est ouvert pour les visiteurs, il est accessible à tous.

Il se peut qu’une telle ouverture, large et sans condition, devienne une exception. Le tourisme est un fait nouveau à Lens, tout au moins dans ces dimensions. Le Louvre-Lens a ouvert la voie à des projets culturels considérés comme ambitieux, prenant appui sur une infrastructure touristique de haut de gamme. C’est ainsi que les corons face au musée ont été vidés de leurs habitants, afin de les transformer en un hôtel de luxe qui semble réjouir la bourgeoisie.

Une bourgeoisie dans l’entre-soi

Avec ce type de tourisme qui consomme précieux dans un décor gentiment industriel et ouvrier, la population lensoise, largement ouvrière, va découvrir une classe dominante qui vit du luxe et qui consomme dans l’entre-soi, des produits d’exception. Le face à face s’annonce brutal.