Des aires de jeux destinés aux enfants s’ouvrent dans différents quartiers de la Ville. Au travers de ces aménagements, c’est le rapport à l’espace public qui se transforme.

Depuis peu au square Choquet non loin de l’Hôtel de Ville, bientôt sur le site de Bell & Béjart à la Grande Résidence et puis ensuite dans d’autres quartiers, des aires de jeux s’installent. Il s’agit d’ensembles combinés de tobogans, d’échelles, d’échelles de cordes, de ponts de singe et de cabanes sur piloti. Le sol est aménagé de manière à garantir la sécurité des enfants, notamment grâce à un revêtement spécial. Le lieu est « végétalisé » et des bancs sont disposés à l’entour afin d’accueillir les adultes. L’espace public devient un lieu de vie pour al famille.

Un espace public jusque là très réduit

L’espace public est réduit à sa plus stricte expression à Lens. Il n’y a pas de « place du marché aux bestiaux », pas de « halle aux blés », pas de quartier des tanneurs, etc. Il n’y a pas non plus de larges allées menant à une vaste esplanade, pas de parc urbain d’inspiration romantique, ni plan d’eau, ni cygnes ni canards. C’est que la Ville s’est créée comme un centre d’exploitation de l’ère industrielle dont le centre s’est épanoui comme lieu du commerce de détail.

Sortie de l’aventure agronomique de Decrombecque, Lens est dédiée toute entière au charbon. Elle lui doit la répartition de ses quartiers, le dessin de ses rues, la plupart de ses infrastructures et voies de communication. Contrairement à la majorité des villes, le développement de Lens ne passe pas par l’industrie domestique et la manufacture rurale, c’est-à-dire qu’il n’y a pas eu de transition entre le bourg médiéval et la ville insdustrielle. Densément peuplée, la ville est faite de logements ouvriers et de commerces qui leurs sont destinés.

Un aspect de la culture des houillères

La gestion de la ville minière, par la compagnie comme par la classe qui en était issue, cela signifiait gérer l’espace à la fois comme une ressource foncière et à la fois comme un lieu de rassemblement des masses ouvrières. Il y avait donc ce double enjeu de maximiser les profits et d’éviter les débordements politiques. Car, plusieurs dizaines de miliers d’ouvriers exploités rassemblés au même endroit, c’est explosif pour la classe dominante. Autant éviter que les gens se rassemblent…

Ont suivi 50 ans d’après mine, sans inventaire ni remise en cause, dans la sacralisation du passé mythique. L’espace public n’est pas rendu à la population, elle ne le conquiert pas davantage.

Aujourd’hui, les enfants pourront jouer ensemble dehors, dans leur quartier ou presque. Demain, cette ville sera la leur.