Lens a connu la dévastation de la guerre. Après la première guerre mondiale, la ville est intégralement détruite. Parmi les immeubles dont il ne reste plus qu edes briques joncchant le sol, la question de la reconstruction de l’un d’eux agite l’opinion lensoise. Il s’agit de l’église Saint-Léger.

Les documents historiques attenstent de la présence d’un lieu de prière catholique à Lens depuis le 11ème siècle. On sait aussi que plusieurs édifices se sont succédés à peu près au même endroit jusqu’à la fin du 18ème siècle. En 1780, l’église Saint-Léger est inaugurée.

Un dispositif de l’idéologie catholique

Son architecture est d’un style particulier et marque une certaine volonté des instances religieuses. En effet, l’église est de style jésuite. La demi-coupole qui surplombe le coeur donne une lumière caractéristique des édifices religieux batis sur le modèle jésuite. Achevée alors que la congrégation des jésuites est officiellemetn dissoute, l’église Saint-Léger vient prendre sa place dans le dispositif de l’offensive culturelle de l’Église catholique.

En effet, la doctrine des jésuites, leur idéologie pourrait-on dire, produit des croyants engagés dans la vie civile sous la bannière religieuse. La compagnie de Jésus (le nom officiel des jésuites) est particulièrement impliqsuée, dès son origine dans la lutte contre le large mouvement de la réforme protestante en Europe, notre région fait alors figure de base arrière face aux Pays Bas réformés. Aux 18ème et 19ème siècle, les jésusites mettront l’accent sur l’évangélisation et diffuseront une version catholique de la justice sociale. Elles fait alors concurrence aux mouvements républicains, puis au mouvement ouvrier.

L’armée de l’Empire allemand a investit l’église pour des raisons stratégiques et en particulier le clocher pour en faire une tour de guet. L’édifice sera pris pour cible par l’artillerie à plusieurs reprises et finira par s’effondrer en 1918.

Une reconstruction contestée

Dès 1919, alors que la Ville est anéantie et que la population survit misérablement entre les caves et les barraquements, un tourisme de la foi se met en place. On organise des visites afin de recueillir les dons de donteurs, dans le but ed reconstruire l’église Saint-Léger. Il est important de noter qu’alors, les catholiques de Lens disposent déjà de lieux de culte puisqu’une église de bois a été construite route de Béthune, à l’emplacement de l’actuelle église polonaise. La reconstruction répond donc à des préoccupations plus idéologiques que pratiques.

L église de 1780 présentait des faiblesses de construction qui sont apparues durant la guerre. Sa structure de pierre s’est avérée fragile. De plus, de nombreuses galeries de mine passant alors sous le centre ville, il apparaît indispensable de recourrir à des méthodes podernes. La reconstruction de Saint-Léger se fera donc sur un plan et avec une esthétique fidèles à l’original de 1780, mais les matériaux et les techniques seront radicalement contemporaines. Le béton armé et l’acier seront massivement utilisés pour édifier le nouveau monument.

Après guerre, les reconstructions sont réalisées au moyen de fonds publics qui sont répartis entre les différents projets en suivant un ordre de priorité défini par l’État, sous le contrôle des préfets. L’habitat et l’industrie sont prioritaires. La gestion des fonds, dans ces domaines comme pour tous, repose sur un modèle original de sociétés coopératives de reconstruction regroupant les sinistrés par intérêt commun. Ce type d’association est souvent organisé en pratique par les municipalités.

Un clivage dans la gauche lensoise

A Lens, un vif débat a entouré le rôle que devait jouer la commune dans le cadre de la reconstruction de l’église. Emile Basly, Maire de Lens, avait fait la promesse aux autorités catholiques que la ville permettrait la reconstruction. Lors du Conseil municipal du 7 janvier 1921, les élus communistes quittent la séance marquant par là leur profond désaccord.

Le fronton de Saint-Léger porte comme une fierté la mention suivante : « Détruite pendant la Grande Guerre 1914-1918 Reconstruite et inaugurée en 1926 ».