Les commémorations de la fin de la deuxième Guerre Mondiale sont généralement l’occasion de parler de De Gaulle et de ses héros de la France libre. La version institutionnelle des événements historiques à tendance à gommer la résistance et son rôle décisif dans la lutte à mort contre le fascisme. Charles Debarge, mineur du Pas-de-Calais était un résistant, il a laissé des carnets dans lesquels il témoigne du rôle de la classe ouvrière – des jeunes en particulier – du Bassin Minier.

Bien des fois, des jeunes gens rêvent de vivre les romans d’aventure qu’ils voient au cinéma. Quand j’étais encore galibot, moi aussi, j’y ai pense bien souvent, mais je ne croyais pas qu’un jour j’aurais à vivre dans la réalité des aventures autrement passionnantes et dangereuses. Si plus tard, un film arrive à reproduire les péripéties de cette année mouvementée, il tiendra les spectateurs en haleine jusqu’à la fin, et la jeunesse comprendra mieux comment les francs-tireurs ont risqué leur vie pour que soit à jamais chassé le fléau immonde qu’est la fascisme. Mais si, dans les films, les héros finissent par sortir sains et saufs des pires situations, beaucoup de nos camarades, cette année, sont tombés dans notre lutte farouche et sont morts à jamais.

Dans ces carnets, j’aurais voulu parler d’eux davantage, je n’ai pas toujours pu tout noter pour des raisons de sécurité. De nombreuses actions sont restées dans l’ombre. Espérons que, plus tard, ces faits pourront être retrouvés afin que les exploits de ces héros qui font partie de l’histoire de notre pays puissent être retracés sur le livre d’or de la France libérée.

Charles Debarge est tombé le 23 septembre 1942, il nous appartient -contre la classe dominante- de garder sa mémoire, de porter son message.