Avec la crise, les zones industrielles se sont vidées. Le bassin minier qui voyait dans les transports routiers, la production automobile et la grande distribution l’espoir d’une reconversion fleurissante a vu ces zones se multiplier aux abords des villes. Aujourd’hui, à la faveur de la troisième révolution industrielle, la classe dirigeante a des idées pour rénover ces espaces morts.

Lens compte une douzaine de zones industrielles (zones d’activité ou parcs d’activité), pour une surface totale de plusieurs centaines d’hectares. Chacune d’entre elles mériterait d’ailleurs une description précise. En effet, elles sont positionnées à proximité des principaux quartiers populaires de la ville, de manière à en capter les travailleurs. Elles façonnent donc en retour les mentalités des habitants des quartiers lensois.

Des espaces où tout est dédié à l’industrie

Entre les années 1970 et les années 2000, les villes du bassin minier ont appuyé les projets des entrepreneurs en offrant des espaces clés en main. Chaque ville a alors aménagé un espace en périphérie. Parfois il s’agissait déjà de la reconversion d’un espace industriel des mines. Dans tous les cas, il fallait permettre un accès facile à la rocade et à la main d’œuvre qualifiée. Les villes ont eu recours à des aménageurs. Ces entreprises ont goudronné des rues sans trottoir, dressé des candélabres et poser les équipements nécessaires à l’industrie : électricité à haute tension et assainissement adapté.

Ces zones sont des espaces artificiels, parfaitement inadaptés à la vie, dans lesquels les sens sont comme endormis. Tout cela est très bien décrit dans cet article.

Déformés par le marché

Depuis le milieu des années 2000 les zones industrielles se vident à l’image d’un tissu industriel se contractant. Les entreprises les plus faibles, présurées par les plus grosses mettent la clé sous la porte. Les plus grosses, tendant vers le monopole, agissent comme des mafias opérant de véritables chantages auprès des territoires, des régions et même des états. Elles vont la où les profits seront les plus faciles et les plus gros. Souvent, alors, le bassin minier ne résiste pas à la concurrence. Bref, les zones industrielles comptent de nombreuses parcelles vides.

La classe dominante a l’espoir d’un renouveau économique pour notre territoire. Elle mise sur la transition écologique pour sauver l’économie… et se sauver elle-même. Elle pense qu’à l’avenir, la société aura un autre rapport à l’énergie électrique. Il faut donc produire de l’électricité « verte » et en grande quantité.

Rénovés par la transition écologique

Il s’agit d’un parti pris idéologique qui détermine une bonne partie des investissements de la classe dominante sur notre territoire. Dans ce sens, les décideurs envisagent de réinjecter de l’argent dans les zones industrielles délaissées. A l’échelle du territoire « bassin minier » du Pas de Calais, ce qu’on appelle le Pôle Métropolitain de l’Artois, ce sont 700 ha de friches qui sont susceptibles de produire de l’électricité solaire. 700 hectares, cela fait 7 000 000 de mètres carré, soit un millier de stades Bollaert. L’un des enjeux actuels est de couvrir tous ces espaces vidés par les entreprises de panneaux photovoltaïques.

Plus d’électricité verte, ce sera moins de nucléaire, ou au moins, on peut l’espérer. En revanche, on ne sait pas à ce jour à qui est destiné cette électricité. On peut y voir une opportunité d’alimenter à faible coût les habitations des quartiers populaires voisins. Mais rien n’est expliquer par les décideurs. La population lensoise, quant à elle, fait comme si elle ignorait les changements en cours. Et c’est peut-être bien le cas.