Hier, les urgences de l’hôpital de Lens ont a nouveau connu une crise grave. Le SMUR n’a pas pu assurer ses missions. Le manque de personnel médical est en cause.

Le SMUR (pour structure mobile d’urgence et de réanimation) est un ensemble de moyens matériels et humain destiné à venir en aide aux personnes nécessitant des soins d’urgence, en dehors de l’hôpital. Il s’agit d’un outil qui dépend de l’hôpital. Ce sont donc des véhicules, des appareils, des ustensiles, des médicaments, etc. qui sont payés par le centre hospitalier dont dépend le SMUR. Le personnel (médecins, infirmiers réanimateurs, ambulanciers) dépend lui aussi de l’hôpital auquel le SMUR est rattaché

Manque de moyens

Les syndicats avaient donné l’alerte dès la mi-février : le manque de moyens matériels et de personnel menait les urgences de Lens à la catastrophe. La situation a atteint un point critique depuis que les mesures budgétaires de « retour à l’équilibre » sont entrées en application. Les commandes de matériels sont passées quand les limites des stocks sont atteintes. De ce fait, les pénuries sont fréquentes, y compris de produits aussi courants que des seringues, des sets de transfert ou du paracétamol injectable.

Les personnels médicaux et paramédicaux sont à bout. Leurs conditions de travail sont terriblement dégradées, avec bien souvent des journées doublées et des gardes interminables. Les patients ont le sentiment d’être abandonnés, ils passent de longues heures à attendre, tandis que le personnel court après le temps.

Parmi le personnel, les arrêts maladie se multiplient. Le service a aussi connu des départs qu’il peine à remplacer.

On nous laisse crever ?

La sénatrice Cathy Apourceau-Poly a envoyé un courrier au président de la région au début de l’année, elle a par ailleurs interpellé la ministre de la santé lors de la séance des questions d’actualité du 12 juin. L’élue de gauche met clairement en lumière que l’hôpital public est en danger du fait des coupes budgétaires décidées par l’État.

La question de la santé et de l’hôpital public, et au travers d’elle le fonctionnement des urgences de l’hôpital de Lens, est avant tout politique. Il s’agit de savoir si, en haut lieu, on donne les moyens de soigner les malades lensois, ou si on nous laisse crever.