Lens : les faits divers abjects de cet été sont inévitables dans notre société

Des personnes en agressent d’autres, pour les voler, les violer, les tuer. A Lens aussi. Ces faits divers abjects ne sont pas des actes de fous furieux. Ils ne sont pas incompréhensibles. Ces actes sont des produits de notre société, de la manière dont nous échangeons entre nous.

Bien sûr, il y a les « classiques ». Les ventes qui se passent mal, on paie le prix et le vendeur cherche à se barrer avec la marchandise. Alors, dans un accès de colère, on le tue comme par accident. Cela, c’est le business. Finalement, il n’est pas très difficile de comprendre que le monde des affaires, celui des « capitaines de l’industrie » ou des « requins de la finance » doit fonctionner comme cela. Mais au niveau des gens ordinaires, de la masse de ceux qui bossent, s’y trouver confronté est proprement choquant.

Cependant, il y a pire. Il s’agit des histoires qui retournent l’estomac. Cet été, Lens a servi de décor à des scènes bien réelles et tout à fait dégueulasses.

Un homme qui vient de purger une peine de prison pour violence envers la femme avec laquelle il vivait est libéré. Le jour-même, il se rend chez elle pour tenter de la tuer.

Un autre homme, qui a pris l’habitude de boire des quantités importantes d’alcool en se cachant dans un logement social désaffecté, enlève son ex-compagne en pleine rue. Il l’emmène dans son squat. Là, il l’attache pieds et poings au cadre d’un lit et la roue de coups. Il la menace ensuite un long moment d’une feuille de boucher. Il avoue aux policiers venus l’arrêter qu’il avait l’intention de la laisser mourir de faim et de soif.

Pour une raison inexpliquée, un couple a ligoté un enfant (le fils de la femme) agé de 12 ans à un arbre. Il est nu. La scène est filmée par le couple lui-même au moyen d’un téléphone portable et les images sont diffusées à certains de leurs contacts.

Ces évènements sont des reflets de la misère.

Attention ! Il ne s’agit pas de dire que les auteurs de ces faits sont des laissés pour compte et en cela de leur trouver des circonstances atténuantes comme le ferait un prêtre ou un avocat. Il ne s’agit pas non plus de pointer du doigt de prétendus « Cas soc’ » en mode « toujours les mêmes ».

Les protagonistes de ces histoires sordides ne sont pas des malheureux. Pour la plupart, ils travaillent ou ont des ressources. Eux, comme nous, ont accès à plus de biens, à un confort et une abondance inimaginable dans le Lens d’il y a 50 ans.

Mais la vie est bien médiocre dans notre société ! Chacun y est sensé mener son existence comme on gère une entreprise, visant à atteindre ses intérêts particuliers. On n’accorde que peu de valeur aux sentiments humains. Quant à la curiosité intellectuelle, elle est souvent vue comme proprement inutile.

C’est comme si la richesse produite par notre travail, mois après mois, nous arrachait notre dignité d’Hommes. Individuellement, chacun essaie pourtant de faire bien. On s’inscrit à la salle pour être bien shapé, on cherche sur instagram la coiffure à la mode, on s’achète des fringues. Mais collectivement, nous sommes chaque jour un peu moins fiers, moins dignes, moins humains. Nous sombrons dans la barbarie. A Lens aussi.