Le tigre de Méricourt

Hier à Méricourt, un homme a été gravement blessé au bras, en voulant caresser un tigre. L’animal, utilisé par le cirque William Zavatta, était enfermé dans une cage à l’écart du public. Les animaux n’acceptent pas d’être au service des êtres humains. Cette réalité, pourtant si simple, est en fait difficile à admettre pour les hommes du bassin minier.

Les célébrations de la Sainte Barbe cette semaine ont été largement encouragées par les entreprises du secteur touristique. Pour autant, au-delà du business, il faut reconnaître que la culture du bassin minier est dominée par le monde ouvrier, son histoire et son mode de vie. Les grands-pères des hommes du bassin minier étaient mineurs. Et les grands-pères des mineurs, eux, étaient bien souvent des paysans pauvres.

Les mineurs, comme leurs grand-pères, élevaient des lapins, des pigeons et des oiseaux exotiques, parfois quelques poules. Par culture familiale, les gens d’ici ont du goût pour les animaux. Il s’agit de les élever, d’en être les maîtres.

Alors voilà un jeune type (dont la presse nous rapporte qu’il était saoul), qui enjambe des barrières pour s’approcher d’une cage afin d’imposer sa présence au tigre. Disons-le tout net, la place d’un tigre est la vie solitaire dans les forêts d’Asie. Il est inacceptable de le trouver dans une cage à Méricourt.

Pour que ce type d’accidents n’arrivent plus, il faudrait remettre en cause une partie de notre héritage culturel, ne garder que le meilleur, l’essence de la classe ouvrière.