la nostalgie du centre ville et les jeunes

Il ne faut pas pousser beaucoup un Lensois ou une Lensoise de plus de 40 ans pour qu’il (ou elle, donc) y aille de son petit couplet à propos du centre ville de sa jeunesse. La destruction récente de l’Apollo et la période des fêtes n’y sont sûrement pas pour rien… Pour autant, la nostalgie, c’est doux, mais ça ne mène à rien.

Il ne reste rien de l’ancien cinéma l’Apollo.

On pense à Lylliane, maman de deux grands fils partis depuis longtemps. La soixantaine pimpante, elle est installée dans un pavillon à Noyelles-sous-Lens. D’une nature généreuse, elle aime les barbecues du week-end, surtout en famille, et les promenades sur la plage. Elle se souvient des après midi de sa jeunesse, passés à flâner devant les vitrines des commerces. Elle évoque le plaisir d’être en compagnie de sa cousine, de la découverte des nouveautés aux Nouvelles Galeries.

Philippe, 54 ans, a changé souvent de région pour le travail. Mais il a toujours cherché à revenir par ici. Souriant et gaillard, son ventre trahit un goût certain pour la bière et la nourriture trop riche. Il n’est pas en reste non plus en matière de souvenirs. Il était élève au collège Michelet, dans le boulevard Basly. Il avait hâte que les cours finissent pour pouvoir traîner chez le disquaire ou faire des parties de flipper avec ses copains. Il se souvient des glaces, des premiers émois devant le magasin de sous-vêtements, et du bowling aussi…

Didier est aujourd’hui traiteur, en auto-entreprise précise-t-il, alors il est pressé. Quinquagénaire lui aussi, il habite à Harnes. Casquette du RCL vissée sur la tête, il se souvient avoir fait un stage au milieu des années 1980 aux Nouvelles Galeries. C’était prestigieux, ces copains en étaient jaloux.

Lens n’est plus ce qu’il était. La plupart des commerces qui faisaient leur joie ont fermé. Ils rendent responsables les maires, surtout après André Delelis, d’avoir pris de mauvaises décisions. Pour retrouver la frénésie du shopping de leur jeunesse, tous nous disent qu’ils préfèrent aller dans les grands centres commerciaux. Tout y est concentré, on peut y passer la journée, et puis on s’y rend facilement en auto.

Ce n’est pas sur les pensées des Didier, des Philippe ou des Lylliane que Lens ira de l’avant. Ils semblent ignorer que les jeunes gens d’aujourd’hui se retrouvent encore en ville. Ils ne consomment plus comme eux le faisaient, mais l’essentiel est intact. Les jeunes rient, ils jouent, ils flânent et se jalousent… Les jeunes Lensois sont toujours jeunes.