La population : quel sujet pour les candidats à la mairie de Lens ?

D’après un document récent publié par l’INSEE, la population de la ville augmente. Cette information a été l’occasion d’une passe d’armes entre candidats aux municipales. Au delà de la vie politicienne, leur approche est elle intéressante ? Rien n’est moins sûr.

Les données statistiques officielles sur la population en France sont données par l’INSEE. Précisons d’ailleurs que cette institution collecte tout un tas -d’informations sur la population, la composition des ménages, leurs ressources, etc. Ces données passent par la mairie qui est donc au courant de beaucoup de choses sur la vie des habitants. Même si ce ne sont que des statistiques, c’est-à-dire des évaluations avec de larges marges d’erreurs, il y a là un vrai effort de contrôle de la population de la part de l’État, dès le niveau communal.

Pour les années 2015 à 2019, c’est-à-dire « au 1er janvier 2017 en vigueur au 1er janvier 2020 », la population lensoise est réputée avoir augmenté de 534 habitants, passant à 31614 habitants ».

Cette donnée statistique a été l’occasion pour le candidat et maire actuel Sylvain Robert de saluer cette hausse de population comme il le fait d’une victoire du Racing (#coucoulamareck). Sur son facebook, il a posté un « LENS A GAGNE 534 habitants ».

Le candidat et conseiller municipal Bruno Ducastel a opposé à ces chiffres d’autres chiffres qui donnent une tendance inverse. Basée sur des chiffres issus des données municipales, la remarque de Ducastel consiste à dire que si la ville « gagne » 534 habitants sur la dernière période, elle en a « perdu » 3500 sur la période précédente.

Le nombre de lensois devient donc un argument de campagne. Un argument technique, un truc de spécialistes qui y voient un indicateur du dynamisme de la commune. Ces gens sont avant tout des gestionnaires. Ils savent que le franchissement de seuil démographique qui permet d’obtenir des financements pour des projets, etc. dépend des données de population.

Ils voient la ville comme des comptables, des boutiquiers, ils la voient « par en haut ». Tout cela manque d’incarnation, de chair, de souffle pour réellement intéresser les lensois.