Nouvelle Beauferie à Bollaert

Les simulacres d’insurrection, d’émeutes, de violences contre les symboles de l’autorité ou de l’Etat sont une spécialité de la scène ultra. C’est d’ailleurs ce qui la rapproche des anarchistes et, au fond, des gilets jaunes qui se pensaient comme une version « poussée » des manifestations syndicales. En réalité, on constate que tout nouvel affrontement « pour la forme », permet aux forces de l’ordre de perfectionner leurs dispositifs. On croit les combattre, on les entraîne… On colle des stickers ACAB, on se croit rebelle et on est sparring partner, une sorte d’auxiliaire de police.

La posture anti-autoritaire des ultra n’est pas leur seule caractéristiques. Ce qui se dégage de la tribune est aussi souvent la beauferie. Une beauferie stylée, travaillée, parfois même avec un certain esprit, mais une beauferie quand même. Pour faire peuple sûrement, les ultras se croient obligés de taper sous la ceinture.

On en a encore eu une illustration hier lors du match contre Clermont (Lens concède -encore- un nul, mais reste solide), quand en Marek un tifo est déplié : « une faciale, oui, une reconnaissance, non ».

Les ultras subissent l’acharnement des autorités qui fait pleuvoir les interdiction de stade depuis plusieurs mois. L’arsenal de répression du ministère de l’intérieur est de plus en plus puissant. En sortant du domaine pénal pour se contenir dans le domaine administratif, l’interdiction de stade qui frappe parmi les supporters, souvent les plus emblématiques des tribunes, est toujours plus facile à mettre en oeuvre. S’ajoute à cela, les clubs qui, pour faire figure d’entreprises commerciales responsables, prennent des décisions d’interdiction commerciale de stade, c’est à dire qu’elles refusent simplement de vendre des places à certains supporters.

Le FC Metz dans ce cadre fait un pas de plus en se dotant d’une innovation technique. Le stade Saint-Syphorien est équipé de caméras dans le but de permettre une reconnaissance faciale des supporters et ainsi s’assurer que les supporters frappés d’interdiction commerciale de stade ne sont pas présents en tribune.

Les ultras de nombreux clubs en France se sont émus de cette nouvelle, et des prises de positions indignées se sont succédées. Nous reproduisons ici le communiqué de l’ANS.

Nos Tigers, quant à eux, ont cru bon de faire une blague salace.

Beauf.

Communiqué de l’ANS du 24 janvier 2020.