Décès de Guy Delcourt : Lens perd un serviteur honnête.

Guy Delcourt est décédé vendredi, ses obsèques auront lieu jeudi. De manière générale, on peut dire qu’avec lui, la ville perd un serviteur honnête. Ensuite, il s’agit de déterminer comment l’action politique de Guy Delcourt s’est appliquée aux différentes composantes de la population lensoise.

L’époque où Guy Delcourt était Député-Maire n’est pas si éloignée de nous dans le temps, et pourtant, tout a changé. Il incarnait ici une des tendances de la gauche dont on a du mal aujourd’hui à comprendre en quoi elle consistait. Le jospinisme, au sein du Parti Socialiste, au fond, ça ressemble à du pragmatisme. C’est une sorte de volonté de bien faire, au coup par coup, en fonction de ses valeurs morales tout en fuyant les partis pris idéologiques. Cela ne nous a pas apporté de « grand soir », mais cela a au moins évité à Lens d’être emportée dans les scandales de la « Rose mafia ».

Il est connu pour ses coups de gueule et son fort caractère, mais Guy Delcourt ne remet jamais en cause l’ordre établi. Engagé très jeune à la SFIO et syndicaliste à FO, il est anti-communiste. La bourgeoisie perd avec lui un cadre subalterne. Un de ces personnages-clé capable de passer dix années à l’Assemblée Nationale sans excès de tribune, mais au contraire en travaillant dans la discrétion en commission parlementaire.

Plus que socialiste au sens strict, Guy Delcourt était certainement humaniste. Au fond, son combat n’était pas tant de supprimer les inégalités que d’en combattre les effets. Il cherche, au travers de ses mandats politiques, à permettre l’accès des Lensois les moins favorisés à une vie plus digne. C’est le sens des rénovations urbaines entreprises à la Grande résidence et à la Cité des fleurs par exemple, mais aussi au programme d’accès des scolaires au musée du Louvre-Lens.

Pour financer ses projets -sociaux notamment- Guy Delcourt pratique le compromis. Le stade Bollaert, municipal depuis 25 ans, est loué au Racing Club de Lens qui en assure la gestion. Le stationnement devient payant en centre ville. Les privatisations de services publics municipaux se multiplient (DSP). Ce qui est alors présenté comme une modernisation de la vie Lensoise signe un certain renforcement du monde de l’entreprise dans la gestion communale.

Cette politique au fond, Sylvain Robert l’a reconduite. La classe ouvrière travaille et les infrastructures se modernisent, permettant à la bourgeoisie de se maintenir. De l’autre côté, la misère est gérée. Les effets de cette politique a permis à Lens de ne pas éclater, de ne pas craquer. Le statu-quo économique et social perdure.