Covid-19 : les commerçants perdent en puissance

Après des premiers jours de flou, les autorités locales ont pris des décisions de fermeté parce qu’elles y étaient poussées par la population. Cette situation crée une véritable panique chez les commerçants dont l’activité perd en puissance.

Dans le secteur, le maire de Mazingarbe a pris des mesures pour éviter les regroupements d’enfants dans les rues. Le maire de Lens n’a pas noté ce type de danger, mais il a limité la liberté de circulation la nuit. C’est le « couvre-feu ».

Le confinement met à l’épreuve la discipline. Le je-m’en-fichisme affiché habituellement par chacun s’est fait ratatiner par la menace de la contagion. Le sens commun s’impose.

Le trafic auto est très réduit. De nombreux habitants continuent pourtant à travailler. Pour que les assiettes soient remplies, les supermarchés entre autres doivent être ouverts, donc la logistique est assurée. D’autres productions industrielles ont maintenu une partie de leur effectif. Dehors, on voit surtout des gens occupés.

Dans le boulevard Basly, des affichettes écrites en hâte indiquent que les magasins sont fermés par décision « unilatérale » du gouvernement. Avant de baisser le rideau, les commerçants ont laissé des traces de leur aigreur. Certains sont même en mode gilet jaune, indiquant une décision « de Macron »… Au moment où le feutre noircissait le papier, le nombre officiel des malades était de 613 dans la région, ils étaient 2300 ce vendredi.

Le propriétaire de la pâtisserie Jeanson (on est prié de dire « patigoustier », mais qui sait ce que cela veut dire ?) a dit son inquiétude dans la presse. Son chiffre d’affaire est décimé. Une hécatombe économique.

Des flâneurs aussi sortent, avec des mines de taulards fraîchement libérés. Ils flairent l’air frais, leurs yeux sont intimidés par le soleil du printemps. Des enfants courent sur les trottoirs, une feuille de papier à la main. Le centre ville en reste idiot de toutes ces portes grises. Et les adeptes du shopping le sont encore plus. C’est le désœuvrement, l’errance.

Le vie se concentre sur l’indispensable. La fantaisie n’est pas à vendre, les gens devront la cultiver.