Bassin minier : La mémoire des combattants soviétiques

Cette fin de semaine, on commémore les 75 ans de la capitulation de l’Allemagne nazie, marquant ici la fin de la deuxième guerre mondiale. Malheureusement, l’épidémie de Covid nous astreint au confinement, il n’est donc pas possible de rapporter la visite (qui n’a donc pas eu lieu!) des nécropoles soviétiques de Méricourt et Fouquières. Néanmoins, ces combattants méritent que l’on honore leur mémoire.

Le bassin minier est le théâtre de nombreux combats en mai-juin 1940. L’enjeu économique et industriel est tel que la région est un vaste champ de bataille. Le fiasco militaire se soldera par la débâcle des alliés par Dunkerque, alors que Oignies et Courrières voient des civils en arme se faire massacrer.

A la signature de l’armistice en 1940, le Nord-Pas de Calais est rattaché au commandement militaire de Bruxelles. Le bassin minier est occupé militairement. Les Compagnies minières reprennent bien vite l’extraction en augmentant les cadences. Toutes les lois sociales initiées par le Front Populaire sont remises en cause, la vie est plus dure que jamais dans les corons.

Les soviétiques sont engagés dans la guerre contre le fascisme et le nazisme depuis la guerre d’Espagne et la création des brigades internationales par l’Internationale Communiste. Si l’URSS n’intervient que tardivement dans le conflit contre les nazis, l’association française « mémoire russe » évalue à 10 000 le nombre de soldats soviétiques tombés au combat sur le territoire français.

Ces soldats ont joué un rôle important dans la structuration du réseau de résistance, reliant les partisans et apportant aussi souvent une aide directe aux opérations de sabotage et aux raids armés. Nombre de ces personnes ont payé le prix du sang. C’est ainsi que 9 soldats soviétiques sont enterrés au cimetière de Méricourt, dans une nécropole récemment restaurée par la commune.

D’autres ont été faits prisonniers, un camp spécial se tenait à Beaumont-en-Artois (aujourd’hui Hénin-Beaumont). Ils servaient largement de main d’oeuvre gratuite pour les industries minières, notamment dans les chantiers les plus dangereux. A Fouquières, sept prisonniers de guerre (4 russes et 3 ukrainiens) ont été enterrés dans une fosse commune par les nazis, alors qu’ils avaient trouvé la mort au travail dans une mine de la compagnie de Courrières. Le PCF avait donné une sépulture décente après guerre, elle a été rénovée par l’association « mémoire russe » au début de cette année.

26 millions de soviétiques sont morts dans la guerre contre les nazis et leurs alliés.